Le pardon, chemin de guérison émotionnelle
On croit souvent que le pardon est une preuve de sagesse, une forme de maturité qu’il faudrait atteindre coûte que coûte. Combien de personnes arrivent en cabinet avec cette phrase : « Je devrais avoir pardonné, depuis le temps… » Comme si le pardon était une case à cocher sur le chemin de la guérison émotionnelle.
Mais en psychologie, et particulièrement en Gestalt-thérapie, le pardon n’est pas un devoir. C’est un processus.
Pardonner ne veut pas dire oublier. Ni excuser. Ni minimiser ce qui s’est passé. Cela signifie simplement que la blessure ne dirige plus votre vie.
Ce qui ne s’exprime pas reste actif
En thérapie, je rencontre souvent des blessures anciennes encore très présentes : une trahison amicale, un conflit familial jamais résolu, une humiliation professionnelle, une rupture amoureuse mal cicatrisée, un parent qui n’a pas su voir.
Une émotion non exprimée ne disparaît pas. Elle se transforme :
- une colère qui revient par vagues, parfois disproportionnée
- une méfiance qui s’installe dans toutes les relations
- une tension physique, un poids sur la poitrine, une gorge serrée
- une fatigue diffuse, une irritabilité inexpliquée
- un besoin de contrôle qui épuise
En Gestalt-thérapie, nous considérons qu’une expérience non digérée continue d’agir en arrière-plan. Elle occupe de l’espace psychique, mobilise de l’énergie, colore notre manière d’entrer en relation avec les autres. C’est ce que l’on appelle parfois une « situation inachevée ».
Le pardon devient possible quand l’émotion est enfin accueillie, reconnue, traversée. Pas contournée.
Le pardon ne se force pas
En thérapie, on ne décide pas de pardonner. C’est là toute la différence entre une injonction et un mouvement intérieur.
Le pardon arrive quand il arrive parce que :
- la colère s’est apaisée d’elle-même
- le souvenir ne brûle plus quand il remonte
- quelque chose en vous se relâche, sans effort
- vous n’avez plus besoin que l’autre reconnaisse sa faute
Se forcer à pardonner trop tôt, c’est souvent recouvrir la blessure sans la soigner. Un pardon de surface, intellectuel, qui ne tient pas. Et qui laisse derrière lui de la culpabilité supplémentaire : « pourquoi je n’y arrive pas ? »
Il faut aussi dire ceci : certaines blessures ne se pardonnent pas, et c’est légitime. On peut cheminer, se libérer du poids, retrouver sa liberté intérieure, sans jamais prononcer le mot « pardon ». Ce n’est pas un échec thérapeutique.
L’accompagnement en thérapie
La thérapie permet d’explorer ses émotions en profondeur, à son rythme. Sans injonction. Sans pression. Sans calendrier imposé.
Le travail consiste d’abord à nommer ce qui a été vécu, à reconnaître l’impact réel de la blessure, puis à laisser l’émotion se déployer dans un cadre sécurisé. La Gestalt-thérapie travaille sur ce qui se passe ici et maintenant : ce que votre corps raconte quand vous évoquez cette personne, ce qui se contracte, ce qui s’anime.
Le pardon n’est pas un objectif thérapeutique. Il est parfois la conséquence naturelle d’un travail de conscience et de guérison émotionnelle. Parfois, il ne vient pas et la personne va mieux quand même.
Et si, au lieu de vous forcer à pardonner, vous commenciez simplement par vous écouter ?
J’accompagne en thérapie Gestalt à Cagnes-sur-Mer, à Nice et dans les Alpes-Maritimes les personnes qui souhaitent avancer vers plus de liberté intérieure, de conscience et de guérison émotionnelle. Que vous traversiez un deuil relationnel, une blessure familiale ancienne ou un ressentiment qui pèse, un accompagnement est possible.
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