Anxiété au travail : la rentrée revient et la boule au ventre

Il y a une phrase que j’entends beaucoup en septembre.

« Je ne comprends pas. J’ai eu de vraies vacances. Et pourtant, dès le dimanche soir, ça recommence. »

La boule au ventre. Le réveil à 4h du matin avec la journée qui défile déjà. Le mail que vous ouvrez trois fois sans arriver à répondre. Et cette petite voix qui dit : si je ne tiens pas septembre, comment je tiens l’année ?

Si vous lisez ça, vous êtes probablement en train de vous demander si c’est grave. Ou si c’est juste vous qui exagérez.

Alors je vais être directe : non, vous n’exagérez pas. Et non, vous n’êtes pas en train de devenir fragile.

Les personnes qui viennent me voir en septembre ne sont pas des personnes fragiles

C’est même souvent l’inverse.

Celles qui poussent la porte de mon cabinet à la rentrée sont des personnes qui ont tenu. Longtemps. Qui ont encaissé la réorganisation, le manager qui ne les regarde pas, le projet qu’on leur a retiré, les week-ends grignotés. Qui ont fait bonne figure en réunion. Qui ont dit oui.

Ce n’est pas un manque de solidité. C’est une solidité qui commence à coûter cher.

La rentrée ne crée pas le problème. Elle le rend visible.

Pendant l’année, vous êtes dans le mouvement. Vous enchaînez. Vous n’avez pas le temps de sentir grand-chose, et c’est parfois très pratique.

Les vacances cassent ce rythme. Le corps se détend, souffle, goûte autre chose. Et au retour, il compare.

C’est pour ça que septembre fait si mal. Ce n’est pas le mois qui est violent. C’est qu’il y a enfin de quoi comparer.

Trois choses très différentes derrière le « stress de la rentrée »

Le même mot recouvre des vécus qui n’ont rien à voir. Et quand on se trompe de mot, on se trompe de réponse.

Le trac de reprise. Quelques jours d’inconfort, le temps de retrouver ses repères. Ça monte, puis ça redescend. C’est normal, ça ne demande rien de particulier.

L’anxiété qui s’installe. Elle ne redescend pas. Elle anticipe. Vous n’êtes pas mal au travail, vous êtes déjà mal la veille, et le samedi, et pendant le dîner. Le corps est en alerte permanente pour un danger qui n’est jamais tout à fait là.

La perte de sens. Là, ce n’est pas de la peur. C’est du vide. Vous faites très bien votre travail et vous ne savez plus pourquoi. Ce n’est pas « je n’y arrive plus », c’est « à quoi bon ».

Ce qu’on essaie tous, et qui ne marche pas

Avant les clés, je préfère nommer les fausses pistes. Parce qu’elles font perdre des mois.

Tenir jusqu’aux prochaines vacances. Ça transforme votre vie en salle d’attente. Et à Noël, la boule au ventre sera toujours là, avec quatre mois de fatigue en plus.

Se raisonner. « J’ai un bon poste, un bon salaire, je devrais être bien. » Le devoir n’a jamais fait bouger un ressenti d’un millimètre. Il rajoute juste de la culpabilité par-dessus.

Optimiser. Nouvelle appli de to-do, sport à 6h, méditation avant la réunion. Ce sont de bonnes choses. Mais vous demandez à votre corps d’être plus performant pour porter exactement ce qui l’épuise.

Changer d’entreprise sans rien changer d’autre. J’ai vu beaucoup de personnes partir, respirer six mois, et retrouver la même boule au ventre ailleurs. Parce que ce qui les usait, c’était aussi leur façon de dire oui.

7 clés pour ne pas subir cette rentrée

Rien d’ésotérique ici. Des choses concrètes, faisables cette semaine.

1. Arrêtez de dire « le travail ». « Le travail m’angoisse » est une phrase trop large pour être utile. Précisez. Est-ce le trajet ? Le moment où vous ouvrez la boîte mail ? La réunion du lundi ? Le regard d’une personne en particulier ? Tant que c’est un bloc, vous ne pouvez rien en faire. Dès que c’est une situation précise, il y a une prise.

2. Cartographiez votre semaine pendant cinq jours. Un carnet, le téléphone, peu importe. Trois fois par jour, vous notez l’heure, la situation, et un chiffre de 0 à 10. C’est tout. Au bout de cinq jours, vous ne serez plus dans l’impression, vous serez dans les faits. Presque toujours, une ou deux situations concentrent l’essentiel. Ce sont celles-là qu’il faut regarder de près.

3. Écoutez le corps comme un informateur, pas comme un traître. Le ventre qui se serre, la gorge, la mâchoire au réveil. Ce n’est pas une panne. C’est un signal qui arrive souvent bien avant que la tête ait compris. La question utile : à quel moment exactement il se manifeste ? Votre corps sait souvent avant vous ce qui ne vous convient plus.

4. Changez de question. Pas « pourquoi », mais « comment ». « Pourquoi je suis comme ça » vous ramène à votre enfance et vous laisse au même endroit. « Comment je fais, concrètement, pour tenir ? » vous montre le mécanisme. Comment vous préparez vos réunions. Comment vous répondez quand on vous demande un service. C’est le cœur de mon travail en Gestalt-thérapie, et c’est là que les choses bougent vraiment.

5. Repérez vos oui automatiques. Il y a des oui qui sortent avant même que vous ayez pensé. Cette semaine, ne changez rien. Comptez-les, simplement. Puis, une seule fois, essayez : « Je te réponds cet après-midi. » Pas un non. Juste trois secondes de délai. Vous verrez ce que ça déclenche à l’intérieur, et cette information vaut de l’or.

6. Faites la part entre ce qui est à vous et ce qui ne l’est pas. Un service sous-effectif, un management maltraitant, une réorganisation mal menée : ce ne sont pas vos défaillances. Beaucoup de personnes s’épuisent à réparer avec leur santé ce qui relève de l’organisation. Voir clairement la ligne, ce n’est pas se déresponsabiliser. C’est arrêter de payer une facture qui n’est pas la vôtre.

7. Parlez avant le point de rupture. La plupart des personnes attendent l’arrêt de travail pour consulter. C’est-à-dire le moment où le corps a dû crier parce que la parole n’a pas suffi. Vous avez le droit de venir « juste » avec une boule au ventre. C’est même beaucoup plus simple à ce stade.

Quand ce n’est plus seulement de l’anxiété

Quelques signaux qui demandent de ne pas laisser traîner : un épuisement que le repos ne répare plus, un cynisme qui s’installe alors que ce n’est pas vous, l’impression de faire les gestes sans être là, des troubles du sommeil qui durent, un corps qui lâche par petits bouts.

Si vous vous reconnaissez, parlez-en à votre médecin traitant en plus d’un accompagnement. Ce n’est pas une question de courage. C’est une question de seuil.

Pourquoi je parle de tout ça

Parce que j’y étais.

J’ai passé près de trente ans en entreprise. Commercial, communication, publicité. Les objectifs, les open spaces, les réunions où on ne dit pas ce qu’on pense, les dimanches soirs. Je connais le vocabulaire, les codes, et surtout ce qui ne se dit pas.

J’ai longtemps été très douée pour m’adapter. Tellement douée que j’avais fini par ne plus savoir ce que je voulais, moi. Le masque tenait très bien. C’est ça le problème avec les masques qui tiennent bien : personne ne s’inquiète.

C’est la Gestalt-thérapie qui m’a permis de le retirer. D’abord comme cliente, pendant plusieurs années. Puis j’ai décidé d’en faire mon métier.

Donc quand vous me parlez d’un manager toxique, d’un entretien annuel qui a fait mal ou d’un plan de départs, vous n’avez pas besoin de m’expliquer le contexte. Je l’ai vécu de l’intérieur.

Ce que nous faisons ensemble

Je ne vais pas analyser votre enfance pendant six mois avant de toucher à votre lundi matin.

Je pars de là où ça serre, maintenant. Je regarde avec vous comment vous faites, avec vos mots, votre corps, vos situations concrètes. Vous testez des ajustements petits et réels. Et nous avançons à votre rythme, pas à celui de votre agenda professionnel.

Mon but n’est pas que vous deveniez plus résistant. Vous l’êtes déjà beaucoup trop, c’est justement ce qui vous coûte.


Je reçois des adultes à Nice (15 rue Maréchal Joffre), à Cagnes-sur-Mer (Le Casal, 32 chemin du Lautin) et en visio.

Si en lisant vous vous êtes dit « c’est moi », c’est peut-être le bon moment pour en parler pour de vrai.

Nous pouvons commencer par un simple appel. Quelques minutes au téléphone, pour que vous me racontiez où vous en êtes et que nous voyions ensemble si un accompagnement a du sens pour vous. Vous n’avez rien à préparer, et rien ne vous engage.

👉 [Prendre un appel découverte]

Blandine Segatti, psychopraticienne en Gestalt-thérapie.

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